Jeudi 3 septembre 2020

Violences faites aux enfants et aux jeunes en Côte d'Ivoire

Le rapport d’enquête présenté et remis au gouvernement

 

La ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, Professeur BAKAYOKO-LY Ramata a réceptionné le document en présence de l'ambassadeur des États-Unis

Trois filles sur cinq (58,0%) et deux garçons sur trois (86,5%) ont été victimes de violence pendant leur enfance ; environ une femme sur 5 (19,2%) et 1 homme sur 9 (11,4%) ont subi des violences sexuelles avant l'âge de 18 ans ; 81, 8% des femmes qui ont Subis des violences sexuelles durant l'enfance étalent beaucoup plus susceptibles de faire une détresse émotionnelle.

Ce sont quelques résultats qui figurent dans le rapport d’enquête sur les violences faites aux enfants et aux jeunes en Côte d'Ivoire (Vacs-ci), présenté officiellement et remis à la Ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant (MFFE), Professeur BAKAYOKO-LY Ramata, le 3 septembre, à l’hôtel Tiama au Plateau.

Ce rapport final validé de l'enquête « Vacs-ci » présenté aux autorités et aux parties prenantes, menée en Côte d'Noire en 2018, a pour objectif d'obtenir des données représentatives sur la prévalence, la nature et les conséquences de la violence faite aux enfants et aux jeunes en Côte d'Ivoire.

Selon Dr AMETHIER Solange, directrice du Programme national de prise en charge des orphelins et autres enfants rendus vulnérables du fait du Vih/Sida (PN-Oev), coordonnatrice de l'enquête, ces données du rapport incluent des informations clés sur la violence physique, émotionnelle et sexuelle et le lien de cette violence avec la santé tout au long de la vie.

Les principaux résultats de l'enquête coordonnée par le Ministère de la Femme de la Famille et de l’Enfant et mis en œuvre par l'institut national de la statistique (INS), de juin à septembre 2018, fournit des recommandations visant à mieux informer, éclairer les programmes, les politiques ainsi que tous les acteurs sur ce phénomène qui est une priorité du gouvernement, à en croire Dr AMETHIER.

« Ce rapport répond à un besoin sociétal. Il constitue une étape cruciale de la lutte contre la violence faite aux enfants et aux jeunes et un moyen d’affiner la prévention de ce phénomène » a indiqué le Professeur BAKAYOKO-LY Ramata en réceptionnant le rapport.

Quatre piliers essentiels ressortent de ce rapport, a-t-elle fait remarqué et de citer notamment la réduction de la violence physique perpétrée à l'encontre des enfants dans l'environnement familial, communautaire et scolaire ; l'amélioration de l'accès et l'utilisation des services de protection de l'enfant contre la violence ; la réduction du taux de violence chez les enfants avant 18 ans ; l'amélioration de la coordination, la gouvernance et la communication des actions de lutte contre les violences faites aux enfants.

Au nom du gouvernement, le Professeur BAKAYOKO-LY Ramata a pris l'engagement de tout mettre en œuvre afin que le plan de réponse de l'enquête soit conduit avec rigueur pour assurer le bien- être des enfants en les protégeant contre les violences.

Toutefois, le professeur BAKAYOKO-LY Ramata, Ministre de la Femme de la Famille et de l’Enfant a souligné que la Côte d'Ivoire a été le premier pays francophone en Afrique, au sud du Sahara, à avoir mené une enquête de cette envergure pour consolider ses acquis dans le domaine de la protection des droits des enfants.

Richard Bell, l'ambassadeur des États-Unis en Côte d'ivoire, a félicité le gouvernement ivoirien pour la réalisation de l'enquête. « C'est maintenant que commence le plus dur et le plus important. La finalisation et la mise en œuvre efficace du plan de réponse aux Violences faites enfants et aux jeunes. Cela nécessite l'appui de tous les experts en la matière et surtout la mobilisation d'importants moyens financiers avec un engagement de l'État ivoirien en premier lieu », a exposé le diplomate. Et d'indiquer que son État a participé à hauteur de 600 millions de FCFA.

Néanmoins, il a relevé que l’enjeu de l’enquête c’est la santé totale : physique, psychologique, intellectuel, moral et émotionnelle de chaque enfant en Côte d’Ivoire. Pour lui, cet enjeu aura des conséquences importantes pour l'avenir du pays.

À noter que l'Oms, l'Onu et l'organisation Together for Girls à travers des représentants sont intervenus en ligne.

Ils ont félicité le gouvernement ivoirien pour son enquête. Ils disent être prêts à accompagner les efforts de la Côte d'ivoire dans ce domaine.

 

JEAN BAVANE KOUIKA

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